Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre avant d’aller à Rotterdam. J’avais évidemment vu les photos du pont Érasme, des maisons cubiques et des grands immeubles, mais j’imaginais une ville peut-être un peu froide, très moderne, presque uniquement tournée vers son port et ses buildings.
J’ai trouvé presque l’inverse. Oui, Rotterdam est moderne, parfois même franchement futuriste, mais elle ne m’a pas paru froide du tout. J’ai trouvé la ville assez douce, agréable à parcourir et surtout beaucoup plus calme que ce que sa taille pourrait laisser penser.
C’est une grande ville, mais je n’ai jamais vraiment ressenti cette fatigue qu’on peut avoir après une journée dans certaines métropoles européennes. Et c’est probablement ce que j’ai préféré.
Une architecture moderne qui ne ressemble pas à toutes les autres villes
Il faut aimer l’architecture contemporaine pour profiter pleinement de Rotterdam, parce qu’elle est partout.
La gare centrale donne déjà le ton. Ensuite arrivent les tours, le Markthal, les maisons cubiques, le Depot Boijmans Van Beuningen ou les immenses bâtiments autour de Kop van Zuid.
Mais contrairement à certains quartiers modernes où tout semble avoir été construit en même temps par le même architecte, Rotterdam est beaucoup plus désordonnée. Et finalement c’est ce qui la rend intéressante.
Un bâtiment complètement futuriste peut se retrouver à quelques mètres d’une église ancienne.
Cette diversité vient évidemment de l’histoire de la ville. Une grande partie du centre de Rotterdam a été détruite lors du bombardement de mai 1940, puis reconstruite en faisant beaucoup de place à l’architecture contemporaine. Quelques bâtiments plus anciens ont néanmoins survécu, notamment la Laurenskerk, l’ancien hôtel de ville, le Schielandshuis et la Witte Huis datant de 1898.
C’est justement ce mélange que j’ai aimé. Rotterdam n’est pas une jolie ville au sens classique du terme, comme Amsterdam ou Bruges peuvent l’être. Elle est belle autrement.
Et si tu veux retrouver une ambiance beaucoup plus ancienne, il suffit d’aller jusqu’à Delfshaven. Cette partie historique a échappé en grande partie aux destructions de 1940 et conserve encore son petit port, ses maisons anciennes et ses bâtiments historiques.
Une grande ville qui arrive pourtant à être reposante
C’est certainement ce qui m’a le plus surpris.
Rotterdam compte des gratte-ciel, des trams, des métros, énormément de commerces et le plus grand port d’Europe. Sur le papier, rien de tout cela ne fait penser à une destination où l’on vient se ressourcer.
Pourtant, je me suis vraiment senti bien au bord de l’eau.
Tu peux marcher le long de la Nieuwe Maas, regarder passer les bateaux, traverser le pont Érasme et simplement t’asseoir face au port. Il y a de l’espace. Beaucoup d’espace même.
Le port industriel est gigantesque et s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres, mais dans la partie urbaine, l’eau apporte au contraire quelque chose d’assez apaisant.
J’ai trouvé ce contraste assez génial : derrière toi, tu as une skyline digne d’une ville beaucoup plus immense ; devant toi, de l’eau, des bateaux et parfois presque personne.
Rotterdam n’est donc pas seulement une ville à « visiter ». Je trouve qu’on peut aussi très bien y marcher sans objectif, ce qui est finalement assez rare dans une grande ville.
Les maisons cubiques, le Markthal et le pont Érasme : touristiques, mais à faire quand même

Évidemment, il y a quelques incontournables.
Les maisons cubiques font partie des endroits que l’on voit partout en photo avant le voyage. Je pensais presque que ce serait un petit gimmick touristique. En réalité, elles sont assez amusantes à découvrir sur place, surtout parce qu’elles sont complètement intégrées à la ville.
Juste à côté, tu as le Markthal, puis la vieille Laurenskerk quelques rues plus loin. Encore une fois, Rotterdam réussit à mettre des choses totalement différentes les unes à côté des autres sans que cela me dérange.
Et il y a évidemment le pont Érasme, qui est probablement le symbole le plus évident de Rotterdam aujourd’hui. Le traverser à pied permet surtout de profiter des vues sur la skyline et Kop van Zuid.
L’office de tourisme considère justement le pont Érasme, les Cube Houses, le Markthal et le Depot parmi les principaux symboles architecturaux de la ville.
J’ai aussi beaucoup aimé les commerces
Je ne pensais pas forcément retenir ça de Rotterdam, mais c’est une très bonne ville pour faire les magasins.
Il y a les grandes enseignes autour de Lijnbaan et de la Koopgoot, le grand magasin De Bijenkorf, mais aussi des rues un peu plus haut de gamme comme Meent et des secteurs remplis de boutiques plus indépendantes.
Et quelques rues plus loin, tu retrouves des commerces beaucoup plus ordinaires et utiles au quotidien.
C’est ce mélange que j’ai aimé. On n’a pas l’impression d’être uniquement dans un immense centre commercial à ciel ouvert.
Lijnbaan a d’ailleurs une petite importance historique puisqu’elle fut la première rue commerçante piétonne des Pays-Bas. Autour de Meent, Pannekoekstraat, Botersloot ou Oude Binnenweg, l’offre devient plus variée, avec davantage de boutiques indépendantes, de cafés et de commerces spécialisés.
Et contrairement à ce que j’imaginais, j’ai trouvé les gens très agréables
J’avais peut-être moi-même quelques préjugés sur les Néerlandais.
Je m’attendais à des gens assez froids, très directs, polis mais sans forcément chercher davantage le contact.
À Rotterdam, j’ai eu une expérience complètement différente.
Les personnes avec lesquelles j’ai parlé étaient accueillantes, assez détendues et souvent prêtes à aider. Évidemment, quelques jours dans une ville ne permettent pas de juger toute une population, mais c’est vraiment l’impression avec laquelle je suis reparti.
Le côté international de Rotterdam joue probablement aussi. Plus de 170 nationalités sont représentées dans la ville, ce qui lui donne une atmosphère beaucoup plus cosmopolite qu’on pourrait l’imaginer avant d’y aller.
J’ai trouvé les échanges simples, sans cette impression d’être constamment traité comme un touriste.
Niveau sécurité, je me suis senti bien… avec quelques nuances
Je m’étais senti particulièrement tranquille à La Haye, et Rotterdam m’a paru légèrement moins sereine dans certains endroits, surtout le soir.
Mais globalement, je m’y suis quand même senti très bien côté sécurité.
Il y a des quartiers ou des rues où l’ambiance change, comme dans toutes les grandes villes, et je garderais évidemment les précautions normales concernant le téléphone, le portefeuille ou les affaires laissées sans surveillance.
Mon ressenti correspond d’ailleurs assez bien aux statistiques nationales sans qu’il faille leur faire dire plus qu’elles ne disent : en 2025, le CBS recensait environ 50 infractions traditionnelles enregistrées pour 1 000 habitants à Rotterdam, contre 46 à La Haye. L’écart existe mais reste relativement limité, et ces chiffres concernent l’ensemble des deux communes.
Je n’éviterais donc absolument pas Rotterdam pour cette raison.
Pourquoi je retournerais à Rotterdam
Parce que je pense ne pas avoir encore vraiment fait le tour.
C’est une ville qui ne donne pas tout immédiatement. À Amsterdam, tu arrives et tu comprends en quelques minutes pourquoi tout le monde vient. Rotterdam est un peu différente.
Elle devient intéressante quand tu commences à marcher, que tu passes d’un quartier très moderne à une rue beaucoup plus ordinaire, puis au bord de l’eau, puis à Delfshaven.
J’ai aimé Rotterdam précisément parce qu’elle ne cherche pas à être une ville-musée.
Elle travaille, elle construit, elle change. Il y a parfois un bâtiment bizarre au milieu de nulle part, une immense avenue qui n’est pas spécialement jolie ou un quartier où l’on se demande ce qu’on est venu voir. Et dix minutes après, on arrive devant un panorama incroyable sur la Meuse.
C’est aussi une ville qui m’a paru étonnamment reposante malgré sa taille.
Je suis revenu avec l’impression d’une ville moderne mais pas agressive, grande mais pas étouffante, internationale mais assez simple dans son ambiance.
Et surtout, Rotterdam a réussi à me surprendre. Je pensais apprécier son architecture. Je ne pensais pas autant apprécier la ville elle-même.
C’est probablement la meilleure raison pour laquelle j’y retournerais.
